Maintien et rechute

Comment éviter la reprise de poids : prévenir la rechute

Perdre du poids et maintenir le changement sont deux défis différents. La prévention de la rechute aide à comprendre les moments à risque.

Stephen Stotland, Ph. D.15 décembre 20229 min de lecture

Beaucoup de gens perdent du poids mais demeurent « fragiles » face à la reprise. Cela signifie qu'ils ont fait de réels progrès, mais que certaines situations peuvent encore les ramener vers d'anciennes habitudes. Dans le domaine des dépendances, ce processus est souvent décrit comme une rechute. Dans la gestion du poids, le même concept peut être utile, à condition de l'utiliser sans honte.

La rechute ne signifie pas qu'une personne a échoué. Elle signifie qu'un ancien schéma a repris temporairement le dessus. Le vrai travail consiste alors à comprendre ce qui s'est passé, plutôt qu'à conclure que tout est perdu.

Les situations à haut risque sont souvent prévisibles. Elles peuvent inclure le stress, la fatigue, les conflits, les voyages, les vacances, l'isolement, l'ennui, les douleurs physiques, les émotions difficiles ou les moments où la structure habituelle disparaît. Certaines personnes sont particulièrement vulnérables le soir. D'autres le sont lorsqu'elles se sentent critiquées, pressées, privées, ou découragées.

Un modèle classique de prévention de la rechute, développé par Alan Marlatt, insiste sur l'importance de reconnaître ces situations à haut risque avant qu'elles ne deviennent incontrôlables. Plus une personne sait où le risque apparaît, plus elle peut préparer une réponse réaliste.

Une partie importante du maintien consiste donc à bâtir une capacité d'anticipation. Il ne suffit pas de dire : « Je vais faire attention. » Il faut parfois se demander : quand suis-je le plus vulnérable? Qu'est-ce qui m'arrive juste avant de perdre le fil? De quoi ai-je besoin à ce moment-là? Quelle réponse pourrait être assez simple pour être réellement utilisée?

Il est également important de distinguer un écart d'une rechute complète. Un repas plus lourd, une soirée difficile ou quelques jours moins structurés ne détruisent pas automatiquement le progrès. Ce qui compte beaucoup, c'est la façon dont la personne interprète l'écart. Si elle se dit que tout est gâché, elle risque de transformer un moment difficile en abandon plus large. Si elle comprend l'écart comme une information, elle peut se réorienter plus rapidement.

Le maintien demande aussi une forme de souplesse. Les habitudes qui fonctionnent dans une période calme peuvent ne pas suffire dans une période stressante. Le plan doit donc pouvoir s'adapter. Certaines semaines demandent plus de structure. D'autres demandent plus de soutien, plus de sommeil, plus de simplicité ou moins d'attentes irréalistes.

La prévention de la rechute n'est pas une question de perfection. Elle repose sur la capacité de revenir, de réparer, de réapprendre et de continuer. Les personnes qui réussissent à maintenir un changement à long terme ne sont pas celles qui ne dévient jamais. Ce sont souvent celles qui apprennent à reconnaître plus tôt les signes de dérive et à reprendre contact avec leurs intentions avant que la dérive ne devienne trop grande.

Dans la gestion du poids, cela signifie développer un plan pour les moments difficiles, pas seulement pour les moments motivés. Cela signifie comprendre les émotions, l'environnement, les pensées automatiques, les habitudes et les situations sociales qui rendent la reprise plus probable.

Le but est de devenir moins fragile. Non pas en devenant rigide, mais en devenant plus conscient, mieux préparé et plus capable de se reprendre avec respect.

Stephen Stotland, Ph. D.

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